Les accidents reliés aux produits
chimiques et les soins d'urgence :
les conséquences sur la santé du personnel paramédical
Par Anna Law, M.D. et Gerald T. Lionelli
Les travailleurs en soins d'urgence qui interviennent sur les lieux
d'un incident relié aux produits chimiques doivent souvent
agir rapidement, avec peu ou pas d'information concernant la toxicité
des substances impliquées. Bien que des précautions
soient généralement prises afin d'éviter les
expositions intensives et mortelles aux fumées et vapeurs
concentrées, il a été démontré
que l'exposition répétée aux produits chimiques,
même à de faibles niveaux, peut aussi avoir des effets
néfastes sur la santé. Il est donc important que les
techniciens ambulanciers, ainsi que les services médicaux
d'urgence, reconnaissent les symptômes de contamination à
faible niveau et les moyens de les traiter et de les prévenir.
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Selon un porte-parole du Département américain
du travail, plus de 555 000 produits chimiques sont actuellement
en usage. Plusieurs sont spécifiquement conçus
pour résister à la décomposition par
la chaleur, par la dégradation ou par réaction
chimique, et ne peuvent être aisément transformés
au point de pouvoir être expulsés du corps humain.
Un certain nombre est soluble dans les corps gras et tend
à se loger dans les tissus adipeux, un processus connu
sous l'appellation bio-concentration. L'exercice, le stress,
la fatigue ou les processus métaboliques normaux ont
pour effet de libérer ces substances des tissus adipeux
vers le sang, ce qui provoque une contamination des organes
et des systèmes organiques (les résidus de médicaments
ou de drogues s'emmagasinent aussi dans les gras et leur libération
peut déclencher un phénomène de "
flash-back " ou de réactivation du médicament
ou de la drogue).
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Mesures de sécurité
Les experts en sécurité ont suggéré
un certain nombre de lignes directrices que le personnel de sauvetage
d'urgence devrait suivre afin de réduire la possibilité
d'expositions dans le cadre de leur travail. On retrouve, parmi
celles-ci, les règles suivantes :
1. Certains types de matériel protecteur devraient, en règle
générale, toujours être portés. Lorsqu'il
y a un doute sur une substance, la protection la plus complète
disponible doit être utilisée. Souvenez-vous que sur
les lieux d'un incendie, des gaz toxiques peuvent demeurer présents
bien après que la fumée se soit dissipée. Les
gaz provoqués par l'ameublement synthétique en flammes
sont composés de chlorure d'hydrogène, de cyanure
d'hydrogène, de monoxyde de carbone et d'acéoline,
lesquels sont nocifs, et certains d'entre eux sont mortels. La vue
et l'odorat ne sont pas des moyens suffisants et adéquats
pour détecter leur présence et on ne devrait jamais
s'y fier.
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2. La protection des voies respiratoires est primordiale.
L'inhalation permet une entrée directe des matières
toxiques vers le flux sanguin, les organes et les systèmes
organiques. Une contamination sérieuse peut se produire
immédiatement. Les respirateurs ne doivent pas être
retirés tant que subsiste un risque de contamination
de l'air. Cela signifie que les respirateurs ne doivent pas
être retirés avant que les travailleurs ne soient
en sécurité hors de la zone contaminée
(dans la zone dite de sécurité) et que les vêtements
protecteurs n'aient été retirés et conteneurisés.
Chaque fois, vérifiez la direction du vent avant de
retirer les respirateurs.
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3. Enlevez les vêtements contaminés. Il n'est pas
conseillé d'apporter ces vêtements à la maison
pour les nettoyer (ceci s'est révélé être
une des premières voies par lesquelles le matériel
toxique entre au foyer). Le cuir ne peut être entièrement
décontaminé : les chaussures, une fois saturées,
continueront à exposer celui qui les porte même après
qu'elles aient été lavées et séchées.
4. Manger, boire ou fumer sur les lieux affectés constitue
une voie supplémentaire par laquelle les toxines peuvent
pénétrer dans l'organisme.
5. Si la peau est exposée (spécialement les tissus
autour des yeux, de la bouche ou des organes génitaux), il
est important de laver et décontaminer rapidement les zones
touchées avant toute pénétration des tissus
de la peau. L'eau et le savon sont normalement efficaces à
cet effet.
6. Si les vêtements contaminés ne sont pas retirés
immédiatement de la personne que l'on mène à
l'hôpital, les risques d'absorption par les tissus de la peau
et par les voies respiratoires est accru, non seulement pour le
patient mais aussi par les personnes qui le soignent. La décontamination
doit se faire aussitôt que possible après l'exposition.
7. Si le patient doit être transporté alors qu'il
porte toujours ses vêtements contaminés, le conducteur
et le personnel médical doivent être protégés
contre les vapeurs toxiques et l'exposition cutanée.
Source : Le journal de l'Association
américaine des ambulancier
Mai-Juin 1989 Vol. 9 No. 3
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